Renault Supercinq GT Turbo Coupé : Le plaisir du sport automobile en toute simplicité !

Hugo Vasseur 05 juillet 2026 16 min de lecture

En bref

  • La Renault Supercinq GT Turbo n’est pas une Renault 5 rhabillée : elle change de base technique, de train avant et d’implantation moteur, avec une logique de compact sportif plus moderne.
  • La version Coupé de la coupe monotype (préparée par Renault Sport) pousse le concept vers le sport automobile pur : arceau, baquets, coupe-circuit, échappement latéral, réglages châssis dédiés.
  • Avec un moteur turbo simple et robuste (Cléon), le rapport poids/puissance devient la vraie signature : peu de kilos, beaucoup de nerf, et une performance qui s’exprime surtout en sensations.
  • Sur piste, l’auto exige de la tenue, des bras et un peu d’humilité : elle rend au centuple quand le pilote travaille propre, pas quand il récite.
  • Pour acheter juste, il faut raisonner “pièces spécifiques de coupe” avant de raisonner “belle peinture” : la rareté se cache dans les détails.
Repères utiles Donnée Pourquoi c’est important
Modèle Renault Supercinq GT Turbo “Coupé” (coupe monotype) Version course à spécificités nombreuses, à ne pas confondre avec une GT Turbo “route” modifiée.
Moteur Cléon C1J turbo, 1 397 cm³ Mécanique connue, pièces courantes, mais périphériques “Coupe” à surveiller.
Puissance 115 ch (route, époque) ; env. 140 ch (configuration Coupe évoquée) Le saut de caractère vient autant du poids que du chiffre brut.
Poids env. 747 kg en configuration Coupe Explique le répondant, le freinage, et aussi… la rudesse sur mauvais revêtement.
Performances 0–100 km/h env. 8 s (GT Turbo route) ; 200 km/h annoncés Repères d’époque : ce qui compte en Coupe, c’est la relance et la vitesse de passage.

Renault Supercinq GT Turbo Coupé : pourquoi cette base technique change tout

Il y a des autos qui sentent la fiche technique, et d’autres qui sentent le métal tiède et la poussière de plaquettes. La Supercinq de compétition appartient à la seconde famille : celle qu’on comprend en se baissant, en regardant où passent les câbles, comment est tenu un bocal, et ce qui a été enlevé sans état d’âme. Le mot “simplicité” du titre n’est pas un compliment vague : c’est un constat d’architecture, une façon de faire qui a rendu possible le plaisir de conduite sans passer par un dictionnaire d’électronique embarquée.

La confusion la plus courante mérite d’être démontée proprement. Non, la Renault Supercinq n’est pas “une Renault 5 remise au goût du jour”. Elle passe par une refonte qui emprunte beaucoup au duo Renault 9/11 : plateforme, logique de production, et surtout une modernisation qui change la vie des mécaniciens comme celle des pilotes du dimanche. Le basculement le plus visible, c’est l’implantation : on quitte le montage longitudinal inversé de la Renault 5 pour un moteur transversal à l’avant. Sur le papier, c’est une ligne. Dans un atelier, c’est une autre façon d’accéder, de déposer, de régler, de vivre avec l’auto.

Le train avant raconte le même basculement. La Renault 5 “ancienne école” aime les solutions à barres de torsion et doubles triangles, qui font merveille quand elles sont neuves et bien réglées, mais qui demandent un peu d’amour et de méthode. La Supercinq adopte une solution plus simple et plus industrialisable, un pseudo-McPherson : un triangle inférieur, un combiné amortisseur-ressort, et un dessin global qui colle à l’époque. Ce n’est pas “moins bien” par nature ; c’est “plus direct” dans ce que cela implique en mise au point, et souvent plus lisible quand l’auto commence à glisser d’un demi-degré sur ses appuis.

Et puis arrive la lettre qui a fait tourner des têtes dans les années 80 : GT Turbo. La version route, apparue au milieu des années 80, utilise le Cléon C1J turbo de 1 397 cm³, donné pour 115 ch à 5 750 tr/min et 168 Nm autour de 3 750 tr/min, avec des chiffres d’époque qui font encore lever un sourcil : 0 à 100 km/h en environ 8 secondes, et 200 km/h “chrono” annoncés. Ce qui compte ici n’est pas l’orgueil des chiffres, mais la manière : un moteur turbo qui souffle, qui vous apprend à attendre, puis à composer avec le couple quand il arrive d’un bloc, comme un marteau bien ajusté sur l’enclume.

Pour creuser la filiation et les variantes de la GT Turbo, une lecture utile existe ici : dossier dédié à la Renault Supercinq GT Turbo. Cela aide à replacer la version “Coupé” dans une galaxie où la tentation du bricolage est forte, et où l’authenticité se joue souvent sur des détails qui ne se voient pas sur une photo de parking.

Version Coupé de la coupe monotype : quand Renault Sport enlève le superflu

Le mot Coupé, dans cette histoire, n’a rien à voir avec une carrosserie deux portes “pour faire joli”. Il renvoie à une coupe monotype : une formule où l’égalité du matériel est la règle morale, et où l’optimisation se fait à l’intérieur d’un cadre strict. C’est un sport d’artisans : gagner sans tricher, en assemblant mieux, en réglant plus juste, en conduisant plus propre. Une Supercinq GT Turbo “Coupé”, issue des autos préparées pour courir, incarne cette logique au point de devenir une petite leçon de dépouillement.

Dans le cas d’un exemplaire de présérie immatriculé au printemps 1985, construit par Renault Sport pour répondre aux besoins de la Coupe 1985, la liste des spécificités ressemble à un inventaire d’atelier écrit au feutre sur un carton de pièces. On y trouve des éléments qui touchent à tout : sécurité, refroidissement, alimentation, périphériques, châssis, et même détails de capotage. Ce n’est pas un “pack”. C’est une transformation cohérente, faite pour encaisser des tours et des tours, et pour être contrôlée au millimètre.

Ce qui distingue une vraie “Coupe” d’une GT Turbo bricolée

La différence se lit à plusieurs niveaux. D’abord, la sécurité et l’habitacle : arceau (souvent identifié DEVIL sur certains montages d’époque), coupe-circuit, extincteur, harnais, moquette et banquette supprimées. Ensuite, la respiration et la température : volet d’échangeur bloqué ouvert, bocal déplacé, cache thermique ajouré, boîte à air supprimée selon configuration, et un échappement latéral qui ne cherche pas à être discret. Enfin, le bas de caisse et le comportement : amortisseurs spécifiques (DeCarbon sur certaines autos), ressorts plus durs, barres antiroulis plus fortes, réglages de trains, et une monte de pneus qui n’a plus rien à voir avec un usage routier policé.

Pour fixer les idées, une liste courte mais parlante des éléments qu’un acheteur devrait savoir reconnaître, au moins visuellement, avant de sortir le chéquier :

  • Échappement latéral DEVIL et implantation cohérente (pas une sortie “décorative”).
  • Arceau et platines propres, soudure ou boulonnerie d’époque, sans improvisation récente.
  • Harnais et baquets typés coupe (souvent avec une identité Renault Sport, Mod’Plastia sur certaines configurations).
  • Coupe-circuit accessible et câblage logique, pas un interrupteur “pour la photo”.
  • Jantes tôle spécifiques et déports cohérents avec l’élargissement, sans empilement d’entretoises hasardeuses.

Le plus savoureux, c’est que cette radicalité reste “compréhensible” : pas d’usine à gaz. À 747 kg environ et autour de 140 ch dans une configuration Coupe telle qu’évoquée, le rapport poids/puissance donne la tonalité. L’auto n’a pas besoin d’être grosse, ni lourde, ni sophistiquée pour être rapide. Elle a besoin d’être saine, tenue, et réglée comme on règle un instrument : corde par corde, sans précipitation.

Palmarès : quand une fiche FFSA donne du relief au métal

Une auto de course sans histoire, c’est une coque et des factures. Une auto de course avec un palmarès, c’est un objet qui porte encore l’écho des paddocks. Une Supercinq GT Turbo Coupe créditée d’une participation à plusieurs saisons de la Coupe, et titrée Championne de France de la Coupe en 1990 avec Henri Lebeau, change de statut : elle devient un témoin. La saison et ses contrôles (moteur partiellement vérifié à répétition dès que le podium approche) rappellent l’esprit de la formule : on gagne sous surveillance, et la conformité n’est pas négociable.

Ce qui mène naturellement au thème suivant : conduire une auto née pour ce cadre, ce n’est pas “jouer au pilote”, c’est accepter une grammaire différente, plus physique, plus honnête, parfois un peu brutale — mais toujours instructive.

Pour situer l’ambiance et la culture des petites sportives françaises à la même époque, un détour par un essai détaillé autour de la JP4 donne un contrepoint intéressant : autre philosophie, même amour du léger et du direct, et la même nécessité de respecter la mécanique.

Sur circuit avec la Supercinq GT Turbo Coupé : l’école du rythme, pas du confort

Un circuit comme Linas-Montlhéry a ce don rare : il ne flatte pas, il révèle. L’asphalte y parle avec un accent rugueux, les compressions rappellent que la gravité n’est pas une opinion, et les enchaînements réclament du liant. Sur une Supercinq GT Turbo “Coupé”, l’expérience se vit comme une séance d’atelier en mouvement : chaque vibration raconte un serrage, chaque changement d’appui parle d’un ressort, chaque relance confirme — ou non — un réglage de train.

Le premier acte, c’est souvent le démarrage. Sur certaines autos de Coupe, le dispositif de starter à câble a été retiré pour éviter les “créativités” de paddock. Résultat : à froid, la mise en route peut devenir une petite cérémonie, moins glamour qu’un départ de spéciale, mais plus authentique qu’un bouton “start”. Une fois réveillé, le Cléon turbo trouve sa voix : une sonorité rauque, qui s’arrondit quand la température se stabilise. À ce moment-là, l’auto cesse d’être un objet et devient un organisme.

Le turbo comme pédagogue : attendre, placer, puis relancer

À bas régime, le moteur peut paraître creux. Ce n’est pas une panne, c’est un caractère, amplifié par une préparation typée course et par des réglages qui privilégient l’efficacité “là où ça compte”. Puis, quand la suralimentation arrive — pression évoquée portée à 1 bar sur certaines configurations — la poussée se fait franche. Ce n’est pas une avalanche incontrôlable : c’est une bourrasque qui oblige à tenir le volant, à verrouiller la trajectoire, et à garder de la marge pour l’imprévu.

Sur un tracé bosselé, la direction renvoie tout. Les bras comprennent vite que les assistances ne sont pas invitées à la fête. Les lombaires aussi, d’ailleurs : une auto à ressorts plus durs, amortisseurs spécifiques et caisse allégée ne “filtre” pas, elle “transmet”. C’est rude, oui, mais c’est aussi la raison pour laquelle la lecture du grip devient plus claire. La voiture ne ment pas. Elle indique ce qu’elle accepte et ce qu’elle refuse.

Exemple de passage : bosse, compression, délestage… et décision

La bosse de Couard, avec son arrivée aveugle, sa descente brève puis la compression, fait partie de ces endroits où la mécanique et le courage doivent signer le même papier. L’auto se déleste, puis réclame un placement précis pour un droite serré qui surgit sans prévenir. Là, une Supercinq de Coupe rappelle une vérité simple : la vitesse de passage ne s’achète pas, elle se construit. Freiner tard ne sert à rien si la caisse n’est pas posée, et si la relance arrive trop tôt, le train avant veut élargir, poussé par le couple et par l’enthousiasme.

Plus loin, les lacets, les épingles et les longues montées se traitent au rythme : rétrograder propre, inscrire sans brusquer, ressortir en gardant de la motricité. Talon-pointe si le pédalier s’y prête, dosage si l’adhérence baisse, et une attention constante au refroidissement et aux odeurs. Une auto de sport automobile s’écoute autant qu’elle se conduit.

Ce qui reste après quelques tours n’est pas un record, mais une compréhension. La Supercinq GT Turbo Coupé n’est pas là pour caresser. Elle enseigne, et elle le fait vite. Le sujet suivant s’impose alors : comment préserver ce genre d’engin sans le transformer en bibelot, et comment acheter juste sans se faire raconter une histoire au marqueur ?

Achat et entretien en voiture classique : éviter que la “capsule temporelle” ne devienne un gouffre

Une voiture classique de course a souvent deux visages. Le premier est romantique : déco d’époque, impacts sur le capot, pare-brise marqué, autocollants fatigués comme une veste de mécano. Le second est comptable : références introuvables, pièces de coupe rarissimes, heures de main-d’œuvre qui s’additionnent sans bruit. La bonne méthode consiste à garder les deux yeux ouverts, et à ne jamais confondre patine et négligence.

La check-list utile : ce qui se vérifie avant le sourire

La corrosion sur ces bases Renault vise souvent des zones classiques : baies de pare-brise, pourtour de coffre, recoins où l’eau s’installe et ne veut plus repartir. Une auto de piste n’est pas forcément plus rouillée qu’une auto de route, mais elle a parfois été lavée vite, séchée mal, remisée longtemps. Ensuite viennent les éléments spécifiques “Coupe” : s’ils manquent, la question n’est pas seulement “combien ça coûte”, mais “est-ce que ça existe encore”.

Le moteur Cléon turbo est un allié : simple, connu, documenté, et généralement fiable si l’entretien a été suivi (huile, refroidissement, allumage, suralimentation). En revanche, une préparation de coupe peut embarquer des détails qui changent la vie : carter cloisonné, supports moteur plus durs, module d’allumage déplacé, commande de wastegate modifiée, embrayage renforcé. Chaque point doit être cohérent, proprement monté, et surtout justifié par des traces : passeport, factures, photos d’époque, témoignages solides.

Exemple concret : un acheteur en 2026 face à une auto “vraie”

Un passionné qui tombe sur une Supercinq GT Turbo Coupé authentifiée (passeport FFSA, historique clair, éléments présents) doit raisonner en conservateur, pas en décorateur. Le bon geste, ce n’est pas de “refaire à neuf”. C’est de stabiliser : vérifier les fluides, reprendre les durites et les serrages, contrôler la géométrie, surveiller la pression de turbo et les températures, et préserver les pièces d’origine. Une peinture neuve peut attendre ; une surchauffe, non.

Le paradoxe, c’est qu’une auto qui a couru peut être plus saine mécaniquement qu’une auto immobilisée vingt ans. Une voiture de coupe vit à température, tourne souvent, et les faiblesses se révèlent vite. L’immobilité, elle, endort et abîme en silence : joints secs, carburant qui vernit, freins qui grippent, faisceau qui s’oxyde. La “capsule temporelle” doit être réveillée avec méthode, comme on réaccorde un instrument ancien : progressivement, sans brutalité.

Dernier point, plus amusant qu’il n’y paraît : l’ergonomie d’une Supercinq reste celle d’une citadine des années 80, et la planche de bord ne gagnera pas un concours de marqueterie. Sur une “Coupe”, cela devient presque une blague : le pilote est assis dans un monde de tôle peinte, d’arceau et de damiers, et l’œil tombe sur des plastiques simples. C’est précisément ce contraste qui fait le charme. Et c’est aussi la meilleure transition vers la FAQ : les questions pratiques reviennent toujours, surtout chez ceux qui veulent rouler plutôt que contempler.

Comment reconnaître une Renault Supercinq GT Turbo Coupé authentique ?

Les meilleurs indices sont documentaires et matériels : passeport de course (FFSA), historique de saisons, cohérence des pièces spécifiques (arceau, coupe-circuit, extincteur, baquets/harnais, échappement latéral, éléments de refroidissement et de châssis), et qualité du montage. Une auto authentique raconte la même histoire sur ses papiers, sa coque et ses détails.

Le moteur turbo Cléon est-il fragile sur une GT Turbo de Coupe ?

Il peut être endurant si l’entretien est rigoureux : huile de qualité et vidanges rapprochées, circuit de refroidissement sain, allumage contrôlé, pression de suralimentation cohérente et absence de cliquetis. Sur une auto de Coupe, l’important est la traçabilité des contrôles et la cohérence des périphériques (wastegate, échangeur, alimentation).

Peut-on rouler sur route avec une Supercinq GT Turbo Coupé de compétition ?

C’est possible selon l’homologation, l’assurance et l’équipement, mais l’auto est pensée pour la piste : confort faible, bruit élevé, suspensions fermes, visibilité parfois contrainte. Pour un usage routier, mieux vaut viser des roulages encadrés et préserver les éléments rares, tout en gardant une mécanique parfaitement surveillée.

Quels sont les pièges à l’achat d’une GT Turbo Coupé ?

Le principal piège est la confusion entre une GT Turbo route modifiée et une vraie auto de Coupe. Ensuite viennent les pièces spécifiques manquantes (souvent difficiles à retrouver), la corrosion cachée (baies, coffre), et les montages approximatifs sur la suralimentation ou le freinage. Une inspection sur pont et une vérification des numéros et documents évitent bien des désillusions.