Citroën Type H et Citroën TUB : deux icônes distinctes au même nom

Hugo Vasseur 05 juillet 2026 19 min de lecture

En bref

  • Deux noms qui se télescopent : le public appelle souvent « TUB » ce qui est, techniquement et historiquement, un Citroën Type H.
  • Le vrai TUB (Traction Utilitaire Basse) naît en 1939 : traction avant, cabine avancée, plancher bas, et déjà une porte latérale coulissante.
  • Une carrière brisée : le TUB est produit autour de 2 000 exemplaires ; sa variante TUC (moteur 11) reste encore plus rare.
  • Le Type H arrive en juin 1948 et traverse les décennies jusqu’à 1981 avec 473 289 exemplaires : c’est lui, la silhouette à tôles ondulées de l’imaginaire collectif.
  • Une logique d’atelier : Citroën pioche dans la Traction (mécanique, organes, quincaillerie) pour construire des véhicules utilitaires robustes, réparables, faits pour le transport quotidien.
  • Un enjeu de collection en 2026 : rareté extrême du TUB/TUC, disponibilité de pièces plus raisonnable pour le Type H, et usages modernes (événementiel, commerce ambulant) qui influencent la cote.
Modèle Années Architecture Moteur emblématique Charge utile Volume utile Production
Citroën TUB 1939-1941 Traction avant, cabine avancée, plancher bas 4 cyl. 1 628 cm³ (Traction 7), ~35 ch ≈ 850 kg ≈ 7 m³ ≈ 2 000 ex.
Citroën TUC 1941-1942 (selon séries) Évolution du TUB 4 cyl. 1 911 cm³ (Traction 11) Proche du TUB Proche du TUB < TUB
Citroën Type H 1948-1981 Traction avant, caisse autoporteuse nervurée 1 628 cm³ au lancement puis 1 911 cm³ ; diesels Perkins puis Indenor Variable selon versions Variable selon carrosseries 473 289 ex.

Pourquoi “TUB” est devenu un surnom du Type H : la mécanique des mots et l’odeur des marchés

Sur les places de village, l’appellation suit rarement la nomenclature du bureau d’études. Elle suit le bon sens, la mémoire et parfois la paresse, comme une clé de 12 qu’on laisse toujours au même endroit. Dans la culture populaire française, le Citroën Type H s’est retrouvé affublé du sobriquet « TUB » ou « Tube », parce que sa silhouette est entrée dans les habitudes bien plus profondément que son badge de type. Le vendeur de fromages ne criait pas « j’arrive en HZ » ; il arrivait « avec le Tube ». Le langage a fait son œuvre, et il l’a faite à coups de portes coulissantes, de freinages longs, de caisses résonnant comme un hangar vide.

Le malentendu est d’autant plus savoureux que le TUB est bien un vrai modèle Citroën, précisément nommé. Traction Utilitaire Basse : tout est dit, presque au cordeau. La traction avant, l’utilitaire, et surtout le plancher rabaissé. Autrement dit, le vrai TUB est un outil né avant-guerre, une esquisse moderne apparue en 1939, quand la concurrence roulait encore souvent sur des architectures de camionnettes haut perchées, pénibles à charger, et plus proches du mulet que du valet. Le Type H, lui, arrive après, en 1948, pour devenir l’emblème durable. Résultat : le public retient le visage, pas l’état civil.

Il y a aussi une raison visuelle : la fameuse caisse à tôles ondulées, souvent gris clair dans les souvenirs, agit comme une signature. Une ondulation, c’est un pli de tôle qui travaille comme une nervure : plus de rigidité à masse contenue, une façon de faire tenir une grande surface sans la transformer en drapeau au premier coup de vent. Le design automobile utilitaire, quand il est bien pensé, n’a pas besoin de chrome pour être mémorable. Ces flancs nervurés, c’est de la charpente légère appliquée au métal, un atelier de menuisier transposé en carrosserie.

Pour illustrer ce glissement de nom, il suffit de suivre une petite fiction très réelle : la tournée d’un traiteur bourguignon, appelons-le Marcel, qui a récupéré un Type H pour servir des jambons persillés. Dans son carnet, il note « réviser le Tube », comme son père avant lui. À la bourse d’échanges, un ancien lui parle du « TUB » en pointant le Type H, et l’affaire est pliée : le mot circule, se simplifie, s’installe. La précision historique, elle, reste au fond d’un classeur, entre un vieux numéro de presse et une facture de segments.

Cette confusion n’est pas qu’un jeu de vocabulaire : elle influence la façon de chercher des pièces, de lire une annonce, de comprendre un numéro de série. À l’heure où les voitures anciennes et utilitaires reviennent en grâce pour l’événementiel, le commerce ambulant ou la collection, appeler un Type H « TUB » peut faire perdre du temps, et parfois de l’argent. La nuance, ici, n’est pas snob ; elle est pratique, comme une jauge d’huile qui dit la vérité sans émotion.

Le Citroën TUB de 1939 : une révolution discrète pour les véhicules utilitaires français

Le Citroën TUB apparaît en 1939 et, sur le papier, il a l’élégance des idées simples. Son nom, Traction Utilitaire Basse, décrit une recette technique qui coupe court aux effets de manche. Citroën récupère l’esprit et une partie de la mécanique de la Traction Avant : un quatre-cylindres de 1 628 cm³ donné pour 35 ch dans sa version 7, et le place très en avant, presque dans l’habitacle, entre les deux occupants. Ce choix surprend aujourd’hui, mais il sert un objectif : libérer le volume arrière et abaisser la ligne de chargement.

Ce qui frappe, c’est la cohérence fonctionnelle. Le TUB propose un plancher bas là où nombre d’utilitaires d’avant-guerre réclament une marche, parfois deux, et une souplesse de dos que la profession n’a jamais demandée. À l’arrière, l’ouverture se fait en deux parties : un volet inférieur qui bascule vers le bas et un supérieur qui se relève. Et puis, surtout, il y a cette porte latérale coulissante, accès rapide sur trottoir, geste devenu banal après-guerre mais franchement neuf à l’époque. Le TUB annonce une manière de travailler : entrer, sortir, charger, livrer, sans grimper et sans se contorsionner. Pour le transport urbain, c’est une petite révolution en chaussures de sécurité.

Les chiffres, eux, donnent la mesure d’un utilitaire pensé pour la vraie vie. Avec environ 1 000 kg à vide, le TUB accepte autour de 850 kg de charge, et propose près de 7 m³ utiles. Ce ne sont pas des valeurs décoratives : elles expliquent pourquoi des artisans et administrations y voient un outil moderne. Dans un monde où l’efficacité se compte en allers-retours, un seuil bas et une porte coulissante valent parfois plus qu’une poignée de chevaux.

La carrière, en revanche, ne suit pas l’idée. La production reste confidentielle, autour de 2 000 exemplaires, avant que les circonstances historiques et les contraintes industrielles ne rebattent les cartes. Une évolution existe : le TUC, qui abandonne le 1 628 cm³ pour le 1 911 cm³ de la Traction 11. Là encore, la logique est limpide : plus de couple, un peu plus d’aisance, surtout quand la charge s’invite. Mais la diffusion du TUC demeure encore plus limitée, au point qu’en rencontrer un aujourd’hui tient du rendez-vous rarissime, comme une pièce de musée qui aurait gardé l’odeur de l’huile d’époque.

Le TUB a aussi cette particularité : il ressemble à une modernité interrompue. Son concept est si juste qu’il appelle une suite, mais il est aussi si sophistiqué pour son époque que Citroën va choisir, plus tard, de simplifier et de durcir la recette. La marque apprend vite : une idée brillante n’est rien si elle ne peut pas être produite, entretenue, amortie. Cette tension entre l’innovation et la robustesse, c’est une leçon classique de l’histoire automobile française, et le TUB en est une page nette.

Dans le fond, le TUB est un brouillon génial, celui qu’un bon artisan garde au mur pour se souvenir de l’intuition initiale. La suite, c’est le Type H, qui reprend l’esprit mais change l’échelle, la méthode, et la durée. La transition se prépare déjà, comme un gabarit de découpe qu’on pose sur l’établi avant de lancer la série.

Pour garder le fil technique Citroën, un détour par la Traction aide à comprendre d’où viennent ces choix d’architecture et d’organes : un rappel sur la Citroën Traction et ses fondamentaux éclaire l’ADN repris par ces utilitaires.

Le Type H (1948-1981) : la “copie au propre” et l’utilitaire qui a tenu l’atelier de France

Quand le Citroën Type H arrive en juin 1948, il ne sort pas d’un chapeau : il prolonge une idée née avec le TUB, puis la remet au carré. La traction avant, la cabine avancée, la porte latérale coulissante, le plancher qui facilite le chargement : l’essentiel est conservé. Mais l’ensemble est rendu plus simple à fabriquer, plus apte à être réparé, et surtout capable de durer. Le Type H ne cherche pas l’effet de mode ; il cherche la routine quotidienne, celle qui fait tourner un pays de boulangers, d’électriciens, de services municipaux et de gendarmes pressés.

Sur le plan technique, les premières versions reprennent le 1 628 cm³ déjà vu sur le TUB. Le gabarit étant supérieur, Citroën s’appuie sur un train avant issu de la Traction 15 pour encaisser la charge et l’usage. La banque d’organes est un vieux réflexe intelligent : volant, rétroviseurs, poignées, détails de quincaillerie proviennent de la famille Traction. Pour l’utilisateur, cela signifie deux choses : des pièces connues, et une réparation moins exotique. Pour l’historien, cela raconte une industrie française qui rationalise, comme on standardise des boulons dans un atelier pour ne pas multiplier les tiroirs.

Le design automobile du Type H se lit dans sa peau. Les flancs ondulés ne sont pas là pour faire joli ; ils raidissent la caisse, comme une tôle nervurée de hangar agricole. Cette esthétique fonctionnelle, à force d’être vue, est devenue un symbole. C’est ainsi que le Type H s’est retrouvé confondu avec le TUB : il en a l’esprit, et il en a surtout la présence, massive et durable, sur des décennies.

La mécanique évolue par étapes, et chaque étape ressemble à une réponse d’artisan à une contrainte. En 1953, le Type H reçoit le 1 911 cm³ de la Traction 11, puis en 1955 une évolution avec carburateur inversé (famille 11D), annonçant déjà l’air de la DS/ID par filiation mécanique. Les diesels arrivent ensuite : en 1960, un Perkins prend place sous le capot, puis Citroën bascule plus tard vers Indenor. L’utilisateur n’achète pas un roman, il achète du couple et de la sobriété, surtout quand l’itinéraire impose des arrêts, des redémarrages, des charges variables.

Le Type H change aussi de visage par touches. En 1961, les flèches directionnelles disparaissent au profit de clignotants ; en 1964, le pare-brise devient monobloc et le tableau de bord emprunte à l’Ami 6, signe que les fourgonnettes et utilitaires ne vivent pas en autarcie mais dans une famille Citroën qui partage ses pièces comme on partage des outils de ferme. Pour comprendre cette parenté, un détour par l’univers de la Citroën Ami 6 et ses particularités remet en perspective ces passerelles discrètes.

En 1969, les ailes rondes cèdent la place à des ailes plus carrées : détail de carrosserie, mais indice d’une époque où la production se rationalise encore. Malgré ces évolutions, l’architecture reste fidèle au concept. Ce conservatisme n’est pas une faiblesse : c’est précisément ce qui explique la longévité, jusqu’à l’arrêt en 1981 (Aulnay), et un total de 473 289 exemplaires. Un modèle produit à ce volume-là n’est pas seulement une réussite commerciale ; c’est une pièce d’équipement national, au même titre qu’une bonne presse hydraulique dans un atelier de province.

Le Type H a aussi fabriqué une galerie de métiers. Police — d’où le surnom « panier à salade » — commerçants ambulants, artisans, entreprises de livraison. Le même fourgon pouvait transporter des cageots le matin, un frigo l’après-midi, et des tables pliantes le week-end. C’est cette polyvalence, plus que la fiche technique, qui a cimenté sa place dans les véhicules français qui racontent la vie courante. La suite logique, maintenant, consiste à regarder comment ces utilitaires se collectionnent et se restaurent sans se bercer d’illusions.

Achat, restauration et usage en 2026 : ce qui sépare un bel utilitaire d’un gouffre à tôles ondulées

Le marché des voitures anciennes a cette ironie : plus un véhicule est simple dans son intention, plus il peut devenir complexe à remettre d’aplomb, parce qu’il a vécu. Le Citroën Type H a souvent connu des décennies de service, parfois en surcharge, souvent dehors, parfois bricolé avec une imagination que même un ferronnier admirerait. Le TUB et le TUC, eux, ajoutent une difficulté : la rareté, qui change tout. Quand un exemplaire est peu produit, l’achat ne se limite pas à l’état ; il inclut l’écosystème de pièces, de refabrications et de savoir-faire.

Pour le Type H, la première question est rarement le moteur. Les blocs essence 1 628 cm³ puis 1 911 cm³ sont connus, documentés, et des solutions existent, même si la performance reste modeste et la consommation peut grimper si l’allumage et la carburation sont négligés. Le vrai juge de paix, c’est la caisse : bas de flancs, plancher, passages de roues, jonctions de panneaux, encadrements de portes. Une tôle ondulée peut masquer une corrosion avancée, comme un vieux parquet ciré peut cacher une solive malade. L’œil doit chercher les reprises, les mastics, les soudures approximatives, et surtout la cohérence des jeux de portes.

Une seconde vigilance concerne la transformation. Beaucoup de Type H ont été aménagés : food-truck, van événementiel, atelier mobile. Certains aménagements sont propres et réversibles, d’autres sont des clous plantés dans la charpente. Une découpe de toit mal renforcée peut fissurer, un ajout de vitrages peut faire entrer l’eau, et une isolation posée sans traitement anticorrosion peut transformer une caisse saine en étuve à rouille. L’utilitaire est un outil ; un outil mal modifié devient un outil dangereux, au moins pour le budget.

Dans une logique d’achat raisonnable, quelques points méritent une check-list simple, parce qu’un véhicule utilitaire ancien se diagnostique comme une machine :

  • Structure : longerons, plancher, points d’ancrage de suspension et de direction, alignement des ouvrants.
  • Freinage : état des tambours, cylindres, flexibles ; un véhicule chargé ne pardonne pas l’approximation.
  • Refroidissement : radiateur, pompe à eau, durites ; un utilitaire travaille souvent à bas régime et chauffe dans les encombrements.
  • Électricité : faisceau, masse, clignotants (notamment sur les versions de transition), état du tableau de bord.
  • Conformité : carte grise, genre, modifications déclarées, correspondance avec le véhicule réel.

Le TUB et le TUC imposent une approche encore plus méthodique. La tentation est forte, quand un exemplaire apparaît, de signer vite. Mauvais réflexe : l’extrême rareté attire parfois des restaurations « vitrines », jolies de loin, discutables de près. Sur ces véhicules, la traçabilité et l’authenticité des éléments (porte coulissante, quincaillerie, plancher, éléments spécifiques) comptent autant que la brillance de la peinture. Un TUB restauré avec des pièces de Type H peut rouler, mais il devient un hybride qui perd sa valeur historique.

L’usage, enfin, doit rester réaliste. Ces Citroën sont nés pour le transport à une époque où les vitesses moyennes étaient faibles et la patience plus grande. En 2026, l’usage idéal ressemble à des trajets choisis : rassemblements, marchés, événements, livraisons locales. Le plaisir vient du rythme, du volant large, du moteur qui travaille, pas de la performance. Et une fois ce cadre accepté, l’atelier peut être vu comme un investissement culturel : remettre en route un Type H, c’est remettre en route une manière française de fabriquer et d’utiliser, sobrement, sans cirque.

La prochaine étape, pour qui veut comprendre pourquoi ces silhouettes traversent les générations, consiste à replacer ces utilitaires dans la grande fresque Citroën, celle qui va des solutions populaires aux audaces plus haut perchées.

Citroën, filiation et culture : du TUB au Type H, une même idée du travail bien fait

Regarder un TUB et un Type H, ce n’est pas seulement opposer deux fiches techniques ; c’est lire une philosophie industrielle. Chez Citroën, l’innovation a souvent consisté à déplacer le centre de gravité des usages. Sur ces utilitaires, l’innovation n’est pas un gadget : c’est un plancher bas, une traction avant, une cabine avancée, une porte coulissante. Autrement dit, des choix qui économisent des gestes et des minutes, et qui, multipliés par des années de tournées, finissent par économiser des dos et des nerfs.

La filiation avec la Traction Avant est fondamentale. Le choix de reprendre des organes existants n’est pas un manque d’imagination ; c’est une forme d’économie saine. Un atelier qui restaure des véhicules français le sait : la disponibilité des pièces et la connaissance des solutions techniques font la différence entre un véhicule roulant et une sculpture immobile. Le Type H, avec sa longue carrière, a bénéficié de cette logique de famille. Le TUB, plus précoce, a posé le principe, mais a subi les contraintes de son temps.

Il existe aussi une dimension culturelle presque tactile. Le Type H a été vu partout, au point d’entrer dans les décors : films, marchés, administrations, campagnes. Le TUB, lui, appartient davantage aux archives et aux conservatoires. Cette dissymétrie explique pourquoi le mot « TUB » a migré : le public retient un terme simple, associé à une silhouette familière, et l’appose sur le fourgon le plus visible. Le phénomène est ancien : on dit « Frigidaire » pour un réfrigérateur, « Solex » pour une mobylette, et « TUB » pour un Type H. Ce n’est pas un crime ; c’est un indice d’ancrage dans la vie quotidienne.

Pour comprendre ce que Citroën a de particulier, il suffit de regarder sa capacité à faire coexister le rationnel et l’audacieux. La même marque qui pense un utilitaire au plancher bas est capable de produire des automobiles plus sophistiquées, où le confort et la technique deviennent presque des manifestes. Un détour par l’histoire de la Citroën SM et sa démesure maîtrisée rappelle que la maison aux chevrons sait travailler sur plusieurs registres, du véhicule de travail à la grande routière. Cette amplitude nourrit la culture Citroën, et donne aux utilitaires une place moins secondaire qu’on ne l’imagine.

Dans la collection, cette culture a un effet concret : elle attire des profils variés. L’amateur de design automobile cherche la ligne, l’ondulation, la porte coulissante comme geste. L’artisan cherche un véhicule qui peut encore servir, sans trahir sa nature. Le passionné d’histoire automobile cherche la chronologie : 1939 pour l’idée, 1948 pour la série longue, 1981 pour la fin. Chacun arrive par une porte différente, mais tous entrent dans la même grange : celle où la tôle porte des traces d’usage, et où l’on juge un véhicule à sa cohérence.

Un dernier détail, pour refermer ce volet culturel sans faire de morale : appeler un Type H « TUB » restera probablement une habitude durable. L’important est de savoir ce qui se cache derrière les mots, surtout au moment d’acheter, de restaurer ou d’assurer. La précision, ici, n’est pas un luxe ; c’est un outil, exactement comme une bonne lampe d’inspection sous un châssis ancien.

Quelle est la différence principale entre le Citroën TUB et le Citroën Type H ?

Le Citroën TUB (Traction Utilitaire Basse) est un utilitaire lancé en 1939, produit en très petite série, qui inaugure traction avant, plancher bas et porte latérale coulissante. Le Citroën Type H arrive en 1948 : il reprend l’esprit mais avec une conception simplifiée et une production massive jusqu’en 1981, ce qui explique sa présence dans la mémoire collective.

Le Citroën Type H est-il réellement appelé “Tube” à l’origine ?

Non. “Tube” ou “TUB” est un glissement d’usage : le vrai TUB est un modèle distinct. Le surnom s’est accroché au Type H parce qu’il a été omniprésent pendant des décennies, notamment chez les commerçants ambulants et certaines administrations.

Quels sont les points critiques à vérifier avant d’acheter un Type H ?

La corrosion de structure (plancher, bas de caisse, passages de roues, encadrements), la qualité des soudures anciennes, l’état du freinage et la conformité des transformations (aménagements, découpes, vitrages) sont prioritaires. La mécanique est souvent plus simple à remettre en état que la caisse.

Pourquoi le Type H a-t-il des tôles ondulées sur les flancs ?

Les ondulations augmentent la rigidité des panneaux de carrosserie sans ajouter une masse excessive. C’est une solution de construction rationnelle, pensée pour un véhicule utilitaire soumis aux vibrations, aux charges et aux torsions de la vie professionnelle.