En bref
- Deux coupés grand public lancés à l’été 1971 : Renault 15 et Renault 17, mêmes bases techniques, deux tempéraments pour couvrir large.
- Une recette très “années 1970” : traction, moteur en porte-à-faux avant, essieu arrière rigide dérivé de la Renault 12, et une carrosserie qui vise le succès automobile sans passer par la case élitisme.
- Des “sœurs automobiles” au “design identique” de loin, mais faciles à distinguer : phares rectangulaires pour la 15, quatre optiques rondes pour la 17, et surtout des custodes traitées différemment.
- Une gamme moteur cohérente : 1 289 cm³ 60 ch pour la Renault 15 TL ; 1 565 cm³ 90 ch pour 15 TS et 17 TL ; injection Bosch D-Jetronic 108 ch pour 17 TS (puis évolution cylindrée et appellations).
- Une carrière rythmée par deux phases : détails d’équipement, logo Vasarely, version découvrable, puis restylage 1976 (bandeau arrière, sièges “Pétales”).
- Un triomphe Renault en volume : environ 300 000 exemplaires sur 8 ans, avec des pointes de cadence proches de 270 autos/jour, avant le passage de relais à l’ère Renault 18… et l’idée du coupé qui reviendra autrement.
Quand Renault décide de fabriquer deux coupés d’un coup : la stratégie Renault 15 / Renault 17
Au fond d’un hangar, entre une caisse de pièces et un bidon d’huile qui sent l’atelier plus que la salle de réunion, un détail saute aux yeux sur une Renault 15 bien conservée : le hayon se ferme avec ce “clac” sec des mécaniques simples, celles qui n’ont pas besoin de convaincre. Dans la France des années 1970, Renault n’a pas l’habitude de jouer au carrossier de salon. La marque préfère les solutions robustes, les plates-formes rationnelles et les voitures françaises qui se vendent au kilomètre, pas au discours.
Justement, la Renault 15 et la Renault 17 arrivent comme une réponse très cadrée à un manque : le coupé grand public, deux portes, quatre places, pas forcément une ballerine mais une auto qui a de la ligne. Les concurrents, eux, ont déjà sorti les outils. Ford propose la Capri dès 1969 sur base de Taunus ; Opel enchaîne en 1970 avec la Manta dérivée de l’Ascona ; Volkswagen lancera ensuite le Scirocco en 1974 autour de la Golf. Rien de sorcier : une berline sérieuse, et une silhouette coupé pour donner envie de tourner la tête au feu rouge.
Chez Renault, la matrice existe : la Renault 12, apparue en 1969, traction à moteur en porte-à-faux avant, et un essieu arrière rigide. Une architecture qui a ses limites en conduite engagée, mais qui offre une base stable, facile à produire, et exportable. La Renault 12 a été pensée comme une “voiture mondiale”, capable de traverser les marchés et les routes sans demander une prière à chaque nid-de-poule. Sur ce socle, le constructeur confie le dessin à Gaston Juchet : l’idée n’est pas de fabriquer un coupé confidentiel, mais bien deux variantes qui occupent le terrain.
Ce duo devient une petite leçon de marketing industriel à la française : deux carrosseries proches, une grande communauté de pièces, et une hiérarchie lisible. Ce sont des sœurs automobiles : même famille, même accent mécanique, mais pas le même caractère. La Renault 15 joue la carte de l’accès, de la grande surface vitrée et de la douceur ; la Renault 17 soigne une image plus “sport”, plus ciselée, et s’autorise même l’injection, technologie encore sérieuse sur une voiture de cette catégorie. Le tout forme un triomphe Renault de rationalité : fabriquer beaucoup, varier juste ce qu’il faut, et laisser la route faire le reste.
Et puisqu’il s’agit de coupés populaires, la promesse est simple : une auto qui se gare devant un café sans rougir, qui emmène deux amis et un sac de sport, et qui donne à son propriétaire l’impression d’avoir acheté un peu plus qu’un moyen de transport. Cette logique va se voir dans les fiches techniques, mais aussi dans les détails de style, là où le dessin raconte la place de chaque modèle dans la gamme.
Fiches techniques de lancement : moteurs Cléon, boîtes et chiffres qui parlaient fort
Au lancement, la Renault 15 et la Renault 17 s’appuient sur une mécanique connue et évolutive : la famille Cléon. Dans un atelier, ce genre de moteur se lit comme un meuble bien assemblé : ce n’est pas précieux, mais c’est pensé pour durer, et pour être réparé sans invoquer l’électronique. À l’époque, les chiffres comptent : puissance, couple, vitesse de pointe. Ils sont affichés comme des écussons, et la concurrence se fait à la calandre autant qu’au chronomètre.
Renault 15 TL et Renault 15 TS : la gamme “coach” qui vise large
La Renault 15 est l’entrée de gamme, mais pas une punition. En version TL, elle reçoit un 4 cylindres Cléon-Fonte de 1 289 cm³ (type R1300), alimenté par un carburateur double corps. Sur le papier : 60 ch à 5 500 tr/min et 93 Nm à 3 500 tr/min, avec une boîte 4 rapports. Les puristes de la puissance feront la moue, mais la TL est cohérente : 155 km/h annoncés, et surtout une utilisation facile, sans nervosité inutile. Le genre de coupé qui traverse une nationale en gardant le conducteur disponible pour la musique et la conversation.
La 15 TS monte d’un cran avec le Cléon-Alu de 1 565 cm³ (type R1302). La montée en puissance est nette : 90 ch à 5 500 tr/min et 125 Nm à 3 000 tr/min. Toujours une boîte 4, et une pointe autour de 170 km/h. Ici, le couple arrive plus tôt, la voiture respire mieux, et l’agrément devient l’argument. L’auto ne prétend pas être une arme, mais elle assume une forme de vivacité bourgeoise, comme un costume bien coupé plutôt qu’un bleu de travail.
Renault 17 TL et Renault 17 TS : la vitrine technique, jusqu’à l’injection
La Renault 17 reprend l’échelonnage TL/TS, avec une logique simple : la 17 TL reçoit le 1 565 cm³ (type R1322) comparable à celui de la 15 TS. Même esprit, même performances de famille, mais avec une présentation plus sportive. Une manière de vendre du style sans obliger l’acheteur à payer l’option “moteur de patron”.
La 17 TS, elle, joue un coup d’avance : le 1 565 cm³ (type R1323) reçoit l’injection électronique Bosch D-Jetronic. Résultat : 108 ch à 6 000 tr/min et 137 Nm à 5 500 tr/min, associés à une boîte 5 vitesses. La vitesse de pointe grimpe à environ 185 km/h. Dans le paysage des berlines sportives et des coupés accessibles de l’époque, l’injection apporte une modernité tangible : démarrages plus nets, réponse plus régulière, et une image technique qui compte. Aujourd’hui encore, sur une automobile vintage, l’injection D-Jetronic impose une vérification sérieuse : faisceau, capteurs, étanchéités, et réglages ne tolèrent pas l’à-peu-près.
| Modèle (lancement) | Moteur | Puissance | Couple | Boîte | Vitesse annoncée |
|---|---|---|---|---|---|
| Renault 15 TL | Cléon-Fonte 1 289 cm³ (R1300) | 60 ch à 5 500 tr/min | 93 Nm à 3 500 tr/min | 4 rapports | 155 km/h |
| Renault 15 TS | Cléon-Alu 1 565 cm³ (R1302) | 90 ch à 5 500 tr/min | 125 Nm à 3 000 tr/min | 4 rapports | 170 km/h |
| Renault 17 TL | Cléon-Alu 1 565 cm³ (R1322) | ≈ 90 ch | ≈ 125 Nm | 4 rapports | ≈ 170 km/h |
| Renault 17 TS injection | Cléon-Alu 1 565 cm³ (R1323) + Bosch D-Jetronic | 108 ch à 6 000 tr/min | 137 Nm à 5 500 tr/min | 5 rapports | 185 km/h |
Ces données paraissent modestes pour un conducteur habitué aux valeurs modernes, mais elles ont un goût particulier : elles racontent une époque où 185 km/h était un argument d’affiche, pas une valeur qu’on cache derrière des assistances. Le prochain chapitre se lit à l’œil nu, et c’est là que la magie opère : ces deux autos semblent jumelles, mais elles n’ont pas mis la même robe.
Sur les images d’époque comme sur les vidéos de restauration actuelles, un détail revient toujours : l’auto a été pensée pour être vue en mouvement. Il suffit alors de comprendre où regarder pour ne jamais confondre les deux sœurs.
Reconnaître Renault 15 et Renault 17 en une seconde : phares, custodes et petits mensonges utiles
Dire que la Renault 15 et la Renault 17 ont un design identique est vrai… à dix mètres, quand la lumière tombe et que l’on ne distingue plus que la silhouette. Le profil général est commun : même base, mêmes proportions, même philosophie de coupé 2+2 raisonnable. Pourtant, l’exercice de reconnaissance est plus simple qu’il n’y paraît, comme si les stylistes avaient laissé des marques de charpentier sur une poutre : discrètes, mais sans équivoque.
Le visage : rectangles sages contre quatre ronds qui font de l’œil
À l’avant, le contraste est net. La Renault 15 porte des optiques rectangulaires aux angles arrondis, empruntant un air de famille à la Renault 12. Le message est clair : coupé accessible, pas besoin d’en faire trop. La Renault 17, elle, adopte quatre phares ronds. Ce choix change tout : l’auto paraît plus “prête”, plus nerveuse, même à l’arrêt. Et, clin d’œil d’époque, les globes jaunes ajoutent cette chaleur visuelle que les photographes aiment, surtout au petit matin.
Un point commun mérite d’être noté : l’entourage avant et le traitement “pare-chocs/calendre” avec du caoutchouc, typique de la période. C’est l’époque où l’on commence à protéger la carrosserie comme on protège un établi : pas pour faire joli, mais parce que la ville cogne, et que la tôle coûte.
La ligne de caisse : grande verrière versus custodes grillagées
Le second indice se lit sur le flanc. La Renault 15 se distingue par une surface vitrée généreuse, presque aérienne. Cela donne une impression de légèreté, et une visibilité qui rappelle que ces voitures étaient conçues pour rouler, pas pour poser. La Renault 17, au contraire, reçoit des grilles de custodes arrière : les vitres latérales arrière sont plus courtes, plus biseautées, et l’auto paraît immédiatement plus ramassée. Deux personnalités, une même ossature : c’est exactement la définition de ces sœurs automobiles.
À bord : une période qui ose, puis qui revient à la raison
À l’intérieur, les années 1970 aiment les idées qui ressemblent à des prototypes. Le projet a envisagé une visière d’instrumentation amovible, pensée pour limiter les reflets dans le pare-brise : sortie le jour, rentrée la nuit. Sur le papier, c’est brillant ; dans la réalité industrielle, c’est cher. Le dispositif restera fixe, mais l’idée raconte l’état d’esprit : Renault veut faire “moderne”, sans perdre la maîtrise des coûts.
La planche de bord présente quatre cadrans ronds, et l’ambiance générale a ce parfum d’optimisme un peu géométrique. Même le volant “sport” peut jouer un tour : l’œil croit voir de l’aluminium ajouré, la main découvre du plastique. Un petit mensonge utile, comme une imitation de cuir sur une banquette : cela ne rend pas l’auto mauvaise, cela la replace dans son monde, celui des voitures françaises fabriquées pour être achetées, pas pour être vénérées.
Ces différences de style prennent encore plus de sens quand on suit la chronologie. Car les Renault 15 et Renault 17 évoluent beaucoup par petites touches, comme un menuisier qui rabote, ajuste, puis revernit sans changer l’essence du bois.
Une fois l’oreille habituée au timbre du Cléon et l’œil entraîné aux phares, il reste à comprendre comment la gamme s’est adaptée aux chocs de l’époque : crise énergétique, limitations, et arbitrages de clientèle.
Évolutions 1971-1979 : deux phases, un choc pétrolier, et la Renault 15 qui rafle la mise
La carrière des Renault 15 et Renault 17 se lit comme une fiche d’atelier avec des dates au crayon : modifications d’équipement, retouches de style, et ajustements de gamme. La première phase (1971-1976) installe l’identité ; la seconde (1976-1979) modernise, simplifie, et colle à une réalité économique devenue plus rude après 1973.
Phase 1 (1971-1976) : options, logo Vasarely et apparition de la découvrable
Dès mars 1972, certaines versions (Renault 15 TS et Renault 17 TL) peuvent recevoir une boîte automatique en option. Le détail est important : Renault tente de séduire une clientèle qui veut un coupé pour la ligne, pas pour jouer du levier. La même année, l’instrumentation gagne en lisibilité avec des graduations plus visibles et des aiguilles à extrémité colorée, typiquement le genre de détail qui fait sourire aujourd’hui mais qui change la vie la nuit.
En septembre 1972, le passage au logo Vasarely marque un tournant visuel. Le losange se met à parler le langage graphique de son époque, plus construit, plus “industrie”. Et la Renault 17 s’offre une variante découvrable : une manière de vendre de l’air et du soleil sans inventer une voiture nouvelle. Dans les rassemblements actuels, cette version attire souvent les curieux : elle résume le goût des seventies pour la liberté, même quand les performances restent sages.
Les millésimes suivants apportent des améliorations d’usage : éclairage intérieur renforcé, poignées assorties, ergonomie des ceintures, boîte à gants plus logeable. Rien de spectaculaire, mais tout cela montre une régie attentive aux retours terrain. En 1974, on note aussi des évolutions de dénomination et d’affichage, avec des monogrammes repositionnés et des lettrages plus “modernes”.
Côté mécanique, la stabilité domine au début, puis la Renault 17 TS voit sa cylindrée passer de 1 565 à 1 605 cm³ en 1974 (toujours Cléon-Alu), sans bouleversement de puissance annoncée, mais avec des codes moteurs qui changent. En 1975, l’appellation “TS” cède la place à “Gordini” sur certaines versions, sans modification mécanique : un changement d’étiquette, comme un vernis neuf sur un bois déjà sain.
Phase 2 (1976-1979) : restylage, sièges “Pétales” et rationalisation de la gamme
Le 1er mars 1976, la phase 2 arrive. La calandre ne fait plus le grand entourage continu, l’arrière adopte un bandeau rouge reliant les feux, et un becquet apparaît sur la plupart des versions (sauf Renault 15 TL). Ces détails, modestes, rajeunissent l’auto sans la trahir : le coupé reste un coupé, juste un peu plus “posé” sur son époque.
À bord, les sièges “Pétales” sont l’élément marquant. Assises et dossiers annelés, coussins réglables : Renault veut améliorer la qualité perçue et l’originalité. Le résultat est typique des années 1970 : audacieux, parfois clivant, mais rarement ennuyeux. La planche de bord se modernise aussi, moins extravagante, plus facile à vivre. En 1977, les pare-soleil évoluent, signe que même les détails d’ombre comptent.
La gamme se simplifie. La Renault 15 TL se dédouble en TL et GTL selon les équipements, tandis que la Renault 15 TS et la Renault 17 TL disparaissent pour éviter la cannibalisation. La Renault 17 “TS” revient comme appellation, mais sans injection : moteur plus gros (1 647 cm³) alimenté par carburateur. C’est un choix de compromis, cohérent avec l’époque : l’essence a changé de prix, la vitesse est davantage encadrée, et la clientèle se tourne vers des versions plus raisonnables.
Un chiffre résume l’effet du contexte : en 1975, la Renault 15 représente une part écrasante des ventes de ce duo, autour de 74%, avec la TL qui pèserait à elle seule environ la moitié des volumes. Voilà comment un choc pétrolier et des limitations peuvent transformer l’héroïne attendue (la 17) en second rôle, sans que l’auto soit mauvaise. C’est la route qui vote, pas la brochure.
La fin est nette : arrêt de certaines versions performantes dès 1977, disparition de la boîte automatique en 1978, et clap de fin en juin 1979. Sur environ huit ans, le duo approche les 300 000 exemplaires produits, avec des cadences qui ont pu frôler 270 unités par jour. Ce n’est pas un épilogue, c’est un passage de relais : la Renault 18 arrive, et l’idée du coupé renaîtra ensuite sous une autre forme, la Fuego. Le chapitre suivant, lui, quitte l’usine pour rejoindre les annonces, les ateliers et le marché de la collection.
En 2026, acheter et vivre avec une Renault 15 ou une Renault 17 : marché, pièges et plaisirs concrets
Sur le marché des anciennes, la Renault 15 se rencontre plus souvent que la Renault 17, logique au regard des volumes. Cela change tout : disponibilité de pièces, diversité d’états, et capacité à choisir une auto “honnête” plutôt qu’un projet camouflé sous une peinture fraîche. L’achat d’une automobile vintage réclame un œil de menuisier : on ne juge pas au vernis, on juge à l’assemblage.
Les fourchettes de prix vues dans les petites annonces ces dernières années (et encore observables en 2026 selon l’état, l’authenticité et la qualité des travaux) placent souvent une Renault 15 autour de 4 000 € pour un exemplaire à reprendre, avec des autos propres qui dépassent rarement 6 000 € hors rareté particulière. Côté Renault 17, les versions ordinaires se situent généralement un cran au-dessus, mais ce sont surtout les variantes Gordini, en coupé ou découvrable, qui tirent le marché et peuvent atteindre 7 500 à 8 000 € lorsque l’auto est saine, complète et cohérente.
Check-list d’achat : ce qui coûte cher quand cela a l’air anodin
Un coupé des années 1970, surtout à hayon, vit avec la corrosion comme un établi vit avec les coups de ciseau : ce n’est pas forcément dramatique, mais il faut savoir où regarder. Et sur ces Renault, la mécanique Cléon est souvent moins effrayante que la caisse ou l’électricité.
- Corrosion structurelle : bas de caisse, passages de roue, points d’ancrage de train arrière, planchers. Une peinture neuve ne remplace pas une tôle saine.
- Injection D-Jetronic (Renault 17 TS injection) : faisceau, connectiques, capteurs, prises d’air. Une injection mal comprise transforme l’auto en métronome capricieux.
- Trains roulants : jeu dans la direction, silentblocs, amortisseurs. L’essieu arrière rigide pardonne peu quand tout est fatigué.
- Intérieur spécifique : sellerie “Pétales”, éléments de planche de bord, garnitures. Les pièces d’aspect coûtent vite du temps et des recherches.
- Authenticité des badges et versions : entre les changements d’appellations (TS, Gordini) et les restylages, une auto peut être “recomposée”.
Pour replacer ces coupés dans la culture Renault, il suffit d’observer la continuité : la marque sait fabriquer des autos populaires qui, parfois, deviennent désirables sans l’avoir demandé. La preuve se lit aussi sur d’autres chapitres sportifs de la maison, des turbos des années 1980 jusqu’aux berlines musclées. Pour qui veut creuser cette filiation, un détour par le mythe de la Renault 5 Turbo aide à comprendre comment Renault a su transformer une architecture raisonnable en objet de désir.
Dans la même veine, les amateurs de tempérament plus “autoroute et reprises” retrouveront une logique de gamme et d’image en lisant l’histoire de la Renault 21 2L Turbo, autre exemple de berline capable de brouiller les catégories. Ce parallèle éclaire un point : le succès automobile chez Renault passe souvent par une base simple, puis par une montée en caractère à coups de détails techniques bien choisis.
Anecdotes et culture : la “177” italienne et le rallye qui valide la 17
Les noms portent parfois plus loin que les moteurs. Sur certains marchés, notamment l’Italie, la Renault 17 a été renommée Renault 177 pour éviter la superstition locale autour du nombre 17. C’est le genre d’astuce commerciale qui fait sourire aujourd’hui, mais qui rappelle qu’une voiture n’est jamais qu’un assemblage de métal : c’est aussi un objet social, soumis aux croyances et aux habitudes.
Et puis il y a le sport, ce juge de paix quand il est bien choisi. En 1974, Renault engage des Renault 17 Gordini de rallye en Groupe 2 sur le “Press On Regardless”, manche du Championnat du Monde. Trois équipages de premier plan sont au départ : Jean-Luc Thérier, Jean-Pierre Nicolas et Bernard Darniche. Thérier gagne, Nicolas termine troisième, Darniche sixième. Difficile de rêver meilleure vitrine : quand une auto populaire se montre solide et efficace en spéciale, elle gagne une aura d’atelier, celle qui dit “ça tient”. Cette victoire agit comme une estampille sur le bois : elle ne change pas la matière, elle confirme sa qualité.
Reste alors une question : entre Renault 15 et Renault 17, quel choix a du sens aujourd’hui ? Le prochain lecteur n’a pas besoin qu’on lui dicte une préférence ; il a besoin d’arguments clairs, car ces deux coupés se ressemblent, mais ne se vivent pas tout à fait pareil.
Quelle est la différence la plus simple pour distinguer une Renault 15 d’une Renault 17 ?
Le repère le plus immédiat est la face avant : la Renault 15 porte des optiques rectangulaires (dans l’esprit Renault 12), tandis que la Renault 17 affiche quatre phares ronds. En profil, la 17 se reconnaît aussi à ses grilles de custodes arrière, qui réduisent la surface vitrée latérale.
La Renault 17 TS injection est-elle compliquée à entretenir aujourd’hui ?
Elle demande surtout de la méthode : l’injection Bosch D-Jetronic repose sur un faisceau, des capteurs et une étanchéité d’admission irréprochables. Une auto saine et correctement diagnostiquée peut être fiable, mais un montage bricolé peut vite entraîner des ratés, des démarrages difficiles et une consommation incohérente.
Pourquoi la Renault 15 s’est-elle mieux vendue que la Renault 17 ?
Le contexte a joué : après le choc pétrolier et le durcissement des limitations de vitesse, les versions plus abordables et moins puissantes ont séduit davantage. La Renault 15, notamment en TL, répondait mieux à cette demande et a représenté une large part des ventes (autour de 74% en 1975 selon les données de période).
Quelles zones vérifier en priorité avant d’acheter une Renault 15 ou Renault 17 ?
En priorité : corrosion des bas de caisse, planchers, passages de roue et ancrages de train arrière ; état des trains roulants (silentblocs, amortisseurs) ; cohérence des versions et des monogrammes ; et, sur une Renault 17 TS injection, état du faisceau et absence de prises d’air à l’admission.