La Honda S800 : l’élégante japonaise qui a conquis la France

Hugo Vasseur 05 juillet 2026 19 min de lecture

En bref

  • La Honda S800 arrive en France au Salon de Paris 1966 avec une promesse simple : une petite voiture japonaise qui respire comme une moto.
  • Son 4-cylindres de 798 cm³, double arbre et 4 carburateurs Keihin, grimpe à 8 500 tr/min et donne 70 ch à 8 000 tr/min : une leçon de performance à l’échelle d’une voiture de poche.
  • Fini la transmission par chaîne des premières « S » : la S800 adopte un arbre rigide et une boîte 4 rapports, pour rassurer réseaux et clients européens.
  • Tarif d’époque agressif : 9 900 F en coupé, 11 200 F en cabriolet, face à une Renault 8 Gordini plus chère et plus grosse.
  • Production totale : 11 406 exemplaires (1966-1970), dont près d’un quart écoulé en France : un cas d’école dans l’histoire automobile des importations.
  • En 2026, la S800 devient une sportive classique recherchée : autour de 20 000 € pour un bel exemplaire, avec une réalité têtue : pièces parfois difficiles.

Honda S800 en France : pourquoi cette automobile vintage a trouvé son public

Dans un atelier, une petite Honda S800 se reconnaît avant même d’être vue. La porte claque avec ce bruit sec de tôle fine bien ajustée, le capot bas s’ouvre comme une boîte à outils, et le compartiment moteur a ce côté « horlogerie » que les motoristes de moto n’ont jamais vraiment abandonné. C’est une automobile vintage à l’échelle d’un établi : compacte, nette, pensée pour aller vite sans s’étaler.

Quand Honda présente la S800 en Europe, la marque n’est pas une page blanche : la moto a déjà fait le travail de sape. Les machines Honda s’exportent, rassurent par leur fiabilité et intriguent par leur capacité à prendre des tours sans se désagréger comme un soufflé trop ambitieux. En automobile, l’offensive démarre en 1962, avec une stratégie étonnante pour un constructeur encore jeune : production de série d’un côté, et engagement en compétition de l’autre, jusqu’à la Formule 1. L’image se forge à coups de technique, pas à coups de slogans.

En France, la S800 arrive au Salon de Paris 1966, avec un gabarit qui n’intimide personne : 3,34 m de long, 1,40 m de large, 2,00 m d’empattement, et moins de 800 kg sur la balance. Ce format-là parle immédiatement aux automobilistes habitués aux petites routes, aux centres-villes serrés, et aux garages où l’on range déjà une tondeuse, deux vélos et un stock de bocaux. La Honda n’a pas besoin d’être massive pour être sérieuse : elle se glisse.

Le point de bascule, c’est que cette voiture japonaise ne cherche pas à imiter les sportives européennes ; elle apporte un autre alphabet. La série « S » (S500, S600, puis S800) vient de la moto : moteurs très pointus, régimes élevés, et une mécanique qui donne l’impression d’être montée sur roulements de précision plutôt que sur compromis. La S600 exportée auparavant a dérouté à l’étranger avec sa transmission par chaîne, trop « moto » pour des réseaux automobiles qui veulent des solutions connues, donc réparables sans incantations. La S800 corrige le tir : elle garde l’esprit, elle change l’outil.

Et puis il y a le nerf de la guerre, celui qui fait taire les discussions de comptoir : le prix. À l’époque, le coupé est affiché à 9 900 francs, le cabriolet à 11 200 francs. Face à une Renault 8 Gordini autour de 13 500 francs, ou à une MG Midget à 11 600 francs, Honda vient chatouiller les habitués avec une équation simple : un tarif tendu, un équipement correct, et une fiche technique qui fait lever les sourcils. Une fois l’argumentaire terminé, l’agent n’a plus qu’à montrer le compte-tours, gradué jusqu’à 11 000 tr/min : un petit théâtre mécanique, et le client comprend qu’il n’est pas devant une énième copie.

Ce qui se joue là dépasse l’anecdote commerciale : la France devient un débouché majeur pour la S800, au point d’absorber une part notable de la production. La suite logique est technique : si le public français a suivi, c’est aussi parce que Honda a su adapter sa singularité aux attentes d’usage et d’entretien d’ici, sans polir l’âme de la voiture. Le chapitre suivant se lit donc au niveau du vilebrequin et des carburateurs, là où l’élégance se mesure en microns plutôt qu’en chromes.

Moteur Honda S800 : l’art du haut régime, entre design japonais et performance

La Honda S800 existe pour rappeler une évidence que l’époque moderne a parfois rangée dans un tiroir : la performance n’est pas seulement une affaire de cylindrée, c’est une affaire de respiration. La voiture sort en 1965, dérivée des S500 et S600 déjà connues au Japon, et elle affiche une donnée qui résume la démarche : 798 cm³ pour un 4-cylindres en ligne, mais une architecture qui refuse la paresse.

Sur cette mécanique, l’héritage moto n’est pas une posture : il est gravé dans les choix. Le vilebrequin tourne sur roulements à rouleaux, solution plus fréquente dans le deux-roues que dans l’automobile de grande série. Au-dessus, un double arbre à cames en tête commande les soupapes avec une précision presque maniaque. Et pour nourrir le tout, quatre carburateurs horizontaux Keihin : un par cylindre, comme si chaque chambre avait droit à son propre soufflet de forge.

Résultat : 70 ch obtenus à 8 000 tr/min, avec une zone utile qui pousse le conducteur à travailler la boîte et à garder l’aiguille haut perchée. Le couple, lui, est dans la logique moto : 6,7 mkg. Rien d’écrasant à bas régime, mais une montée en régime qui s’enroule comme un fil de cuivre autour d’un mandrin, de plus en plus tendu, de plus en plus rapide. Ce tempérament n’est pas celui d’une GT placide ; c’est celui d’une sportive légère qui demande d’être menée proprement.

La transmission mérite un paragraphe à elle seule, parce qu’elle raconte un compromis intelligent. Les premières « S » (notamment S500 et S600) ont utilisé une transmission par chaîne, très cohérente avec l’univers Honda, mais difficile à faire accepter à des ateliers européens habitués à l’arbre et au pont. Sur la S800, Honda adopte un arbre rigide vers les roues arrière, associé à une boîte 4 rapports. L’esprit reste pointu, mais l’interface avec la vie réelle devient plus simple : moins d’exotisme pour la maintenance courante, plus de sérénité pour l’acheteur qui n’a pas envie d’expliquer sa voiture à chaque vidange.

Sur route, les chiffres d’époque font encore sens parce qu’ils ne sont pas gonflés à la poudre marketing. La S800 est donnée pour environ 160 km/h, un 0 à 100 km/h en 12 s, et un kilomètre départ arrêté en 35,3 s. Face à une Renault 8 Gordini (plus puissante, 1 300 cm³, environ 180 km/h), l’écart existe sur la vitesse de pointe et le kilomètre, mais la Honda ne s’effondre pas. Elle se défend avec une logique différente : moins de muscles, plus d’agilité, plus de régime, et un poids contenu qui fait le reste.

Le design japonais de l’époque n’est pas dans la provocation ; il cherche une forme de justesse. La S800 est jolie sans chercher à être futuriste. Elle a cette élégance qui vient des proportions et des détails : capot long pour la taille, pavillon fin, surfaces simples, et un habitacle où le compte-tours devient le personnage principal. En France, cela a compté : le public n’avait pas besoin d’un ovni, il voulait une petite sportive crédible, capable de vivre au quotidien et de chanter le dimanche. Et justement, quand la mécanique chante, la question suivante arrive vite : comment Honda a-t-il essayé d’emmener cette chanson plus loin, jusqu’aux normes américaines, et pourquoi l’histoire a bifurqué ?

Pour voir la S800 en mouvement, les archives vidéo et essais contemporains valent souvent mieux qu’un discours. Ils montrent la posture sur la route, le roulis contenu, et surtout cette manière de prendre des tours qui n’appartient qu’à elle.

Honda S800 M et homologation : quand l’Amérique change les détails sans changer l’âme

À la fin des années 60, beaucoup de constructeurs regardent l’Atlantique comme on regarde une grande place de marché : avec envie et inquiétude. Les États-Unis, c’est le volume, l’image, et l’idée qu’une voiture validée là-bas devient automatiquement fréquentable partout. Honda ne fait pas exception, et la S800, malgré sa taille de guêpe, est pensée pour séduire au-delà de l’Europe.

Pour viser l’homologation américaine, il faut modifier des éléments très concrets, parfois ingrats, jamais glamour. Sur la Honda S800, cela se traduit notamment par une évolution de la signalisation : feux et clignotants prennent de l’ampleur, des répétiteurs latéraux apparaissent, et l’auto adopte des détails qui parlent plus à un inspecteur qu’à un styliste. Le changement n’est pas une trahison ; c’est une couture ajoutée sur un vêtement existant, pas un nouveau patron.

La partie la plus significative, côté sécurité, concerne le freinage. Le circuit devient doublé, une évolution importante à une époque où la redondance n’est pas systématique sur des voitures de cette catégorie. Dans le même mouvement, les disques avant changent de fournisseur : les éléments estampillés Dunlop laissent place à du Girling, plus en ligne avec certains standards et approvisionnements. Cette version, souvent appelée Honda S800 M dans la littérature et sur les cartes grises de certains pays, matérialise l’effort d’adaptation.

Et pourtant, l’histoire se montre ironique : malgré les ajustements, la S800 ne fera pas réellement carrière aux États-Unis. Les raisons exactes se lisent à travers le contexte de l’époque : exigences d’homologation mouvantes, stratégie de distribution encore en construction, et surtout une gamme Honda appelée à s’élargir vers des modèles à plus grande diffusion. La S800 a rempli une mission d’image et de crédibilité technique ; elle n’a pas été conçue pour porter seule une conquête de marché gigantesque.

Cette trajectoire explique aussi pourquoi la France a pesé lourd. Un constructeur peut échouer sur un marché et réussir sur un autre, si l’alignement entre produit et culture locale est bon. En France, la S800 tombe dans une période où les petites sportives ont un public : on aime encore les mécaniques vivantes, les gabarits raisonnables, et les autos qui donnent l’impression d’être construites à taille humaine. La Honda, avec sa finition sérieuse et ses tours/minute, arrive avec un langage neuf mais compréhensible.

Pour illustrer cette réalité, un fil conducteur aide : celui d’un passionné fictif mais très crédible, disons Jean-Marc, garagiste de province à la fin des années 60, habitué aux Renault et aux Simca. Il voit arriver une S800 en entretien, s’attend à une étrangeté, et découvre une mécanique accessible si l’on respecte ses règles : réglage soigné des carburateurs, allumage en forme, huile de qualité, et une conduite qui ne martyrise pas un moteur fait pour tourner rond à haut régime. Il ne devient pas spécialiste Honda du jour au lendemain, mais il comprend la logique. Cette compréhension, multipliée par des dizaines d’ateliers, a rendu la S800 moins exotique qu’elle ne l’aurait été ailleurs.

Ce qui reste, au bout du compte, c’est une voiture qui a servi de passerelle. Honda a appris l’Europe avec elle, a poli certains détails pour viser l’Amérique, puis a choisi une autre route, plus rationnelle. La production s’arrête en 1970, et l’on entre alors dans la partie la plus concrète pour un lecteur collectionneur : combien d’exemplaires, quel poids réel du marché français, et que valent aujourd’hui ces autos dans une collection automobile ?

Les documents d’époque et les essais récents montrent bien ces différences de détail, notamment la signalisation et les répétiteurs. Les vidéos permettent aussi de repérer les indices visuels sans se perdre dans les appellations.

Cote Honda S800 en 2026 : rareté relative, collection automobile et pièges d’achat

La rareté est une chose curieuse : elle peut être mondiale et pourtant locale. La Honda S800 est peu fréquente au total, mais la France a eu une relation particulière avec elle, parce que le modèle y a trouvé des clients quand d’autres pays restaient prudents. Au total, la production est donnée pour 11 406 exemplaires sur la période 1966-1970, et près d’un quart aurait été écoulé sur le marché français. Ce ratio explique qu’on en voie encore, de temps à autre, dans un rassemblement de sportives des années 60, coincée entre une Alpine et une Triumph, avec ce calme japonais qui fait presque sourire.

L’autre donnée importante, plus piquante, concerne l’économie du modèle. La S800 a été vendue avec un rapport prix/prestations tellement agressif qu’elle aurait été commercialisée à perte, compensée par la rentabilité des motos. Cela paraît invraisemblable à une époque où l’on imagine chaque voiture comme un produit autonome ; pourtant, cette logique de « vitrine technologique » existe. Honda a payé pour apprendre et pour se faire un nom, et la S800 a été l’un des outils de cette stratégie.

Sur le marché actuel, l’effet est double. D’une part, la S800 attire de plus en plus d’amateurs de sportive classique japonaise : elle représente une époque où le Japon n’imite pas, il propose une autre manière de faire. D’autre part, la voiture n’est plus « bon plan » au sens strict. Autour de 2026, un exemplaire sain et cohérent se négocie souvent aux environs de 20 000 €, parfois plus selon l’historique, l’état de la carrosserie, l’authenticité des éléments (carburateurs, instrumentation, jantes), et la qualité d’une restauration ancienne. La bonne nouvelle, c’est que la demande reste celle de passionnés ; la mauvaise, c’est que les pièces peuvent demander du temps, et le temps est une monnaie.

Un tableau aide à remettre en perspective l’auto dans son époque, sans confondre chiffres et sensations. Les valeurs ci-dessous reprennent des données d’époque couramment publiées (presse spécialisée, fiches constructeur) et les resituent face à deux concurrentes connues sur le marché français.

Modèle (fin des années 60) Puissance Vitesse max 0–100 km/h Prix d’époque en France
Honda S800 (coupé/cabriolet) 70 ch à 8 000 tr/min env. 160 km/h env. 12 s 9 900 F (coupé) / 11 200 F (cabriolet)
Renault 8 Gordini 1300 plus puissante (1 300 cm³) env. 180 km/h env. 13,7 s env. 13 500 F
MG Midget variable selon versions inférieure à une vraie sportive moderne de l’époque plus tranquille env. 11 600 F

Pour l’achat aujourd’hui, il est utile de raisonner comme à l’atelier : par points de contrôle, pas par coup de cœur seul. Une S800 peut être superbe sur photo et coûteuse en dessous, parce que la corrosion et les bricolages ne respectent pas le design japonais ni ses tolérances.

Checklist d’inspection Honda S800 : les points qui coûtent cher quand ils sont ignorés

  • Carburateurs Keihin : présence des quatre corps d’origine, usure d’axes, synchro stable au ralenti et à mi-charge.
  • Régime moteur : un bloc en forme doit monter proprement, sans trous ni fumée suspecte quand l’aiguille approche la zone haute.
  • Transmission : jeu, bruits de pont, comportement de la boîte 4 rapports à chaud, cohérence des rapports avec l’usage.
  • Freinage : état du circuit (simple ou doublé selon version), équilibre, et cohérence des pièces (Girling sur variantes d’homologation).
  • Corrosion : bas de caisse, planchers, passages de roue, et points de fixation ; une restauration approximative se repère à la symétrie des joints et des jeux.
  • Électricité et instrumentation : compte-tours, charge, faisceau ; les bidouilles de décennies se cachent derrière un tableau de bord propre.

Un exemple concret : un amateur achète une S800 « roulante » parce que le moteur démarre au quart de tour. Après quelques sorties, la synchro des carburateurs se dégrade, la consommation grimpe, le ralenti devient capricieux, et l’auto perd ce caractère cristallin qui fait sa valeur. L’intervention n’est pas impossible, mais elle exige quelqu’un qui sait régler quatre carburateurs comme on accorde un instrument : avec méthode, patience et pièces justes. L’insight final est simple : sur une S800, l’état mécanique ne se juge pas au démarrage, il se juge à la tenue du réglage.

Vivre avec une Honda S800 : usage, entretien et élégance au quotidien d’une sportive classique

La Honda S800 est souvent rangée dans la vitrine des petites sportives des sixties, mais elle ne supporte pas d’être seulement regardée. Une voiture construite autour du régime moteur a besoin de rouler pour rester juste : joints, membranes, carburateurs, tout préfère le mouvement à l’hibernation. C’est une auto qui se conserve comme un bel outil : en l’utilisant avec respect, pas en la sanctuarisant.

Au volant, la première surprise vient de la position et de la visibilité. Le gabarit compact donne une impression de légèreté, et la direction raconte la route sans la réciter. Le moteur, lui, impose un rythme : à bas régime, il ne cherche pas à donner l’illusion d’un gros couple. Il attend que la main droite fasse son travail, que la boîte soit sollicitée, et que l’on aille chercher la zone où la mécanique devient musicale. C’est là que l’auto délivre son caractère : une sportive classique qui se conduit proprement, presque « à l’ancienne », avec de la précision plutôt qu’avec de la brutalité.

Cette conduite influence l’entretien. Sur une S800, le réglage d’allumage et l’état des carburateurs ne sont pas des détails : ils déterminent la santé du moteur et la qualité du plaisir. Une auto mal réglée devient pointue au mauvais sens du terme, comme un rabot mal affûté qui arrache le bois au lieu de le lisser. À l’inverse, une S800 en forme est facile : elle démarre, prend ses tours, et reste stable. Le travail, c’est d’y arriver et d’y rester.

Les pièces, en 2026, sont un sujet de conversation récurrent dans les clubs. Certaines se trouvent via réseaux spécialisés, refabrications, ou échanges entre passionnés ; d’autres demandent d’élargir la recherche au Japon, avec des délais et des coûts qui peuvent surprendre. Ce contexte explique pourquoi la documentation et l’historique comptent autant que l’état esthétique. Une S800 avec factures, réglages suivis et pièces cohérentes vaut mieux qu’un exemplaire « trop beau » qui cache des adaptations douteuses. Dans une collection automobile, la valeur se niche dans la cohérence.

La carrosserie et la sellerie, elles, parlent d’élégance au sens artisanal : alignements, chromes, joints, qualité des reprises. Le modèle n’est pas grand, donc tout se voit. Un ajustement approximatif se repère comme une couture de travers sur une veste sombre. La bonne nouvelle, c’est que la voiture étant simple en formes, une restauration bien menée peut être splendide sans effets. La mauvaise, c’est que le moindre défaut saute aux yeux, parce que la ligne ne triche pas.

Pour finir sur un point vivant : la S800 a ce pouvoir rare de réconcilier deux publics. Les amateurs de sportives européennes y retrouvent le format, l’agilité, l’idée de sortir tôt le dimanche. Ceux qui viennent de la moto y reconnaissent une logique de mécanique qui aime les tours et la précision. Et tout le monde, finalement, se retrouve sur ce constat : la Honda S800 n’est pas un caprice exotique, c’est une leçon de méthode japonaise appliquée à une petite auto qui a su parler français, avec un accent discret. L’insight final tient en une phrase : sur route comme à l’atelier, la S800 récompense la justesse, jamais l’à-peu-près.

Quel est le point technique qui définit le mieux la Honda S800 ?

Son moteur 4-cylindres de 798 cm³ à double arbre, nourri par quatre carburateurs Keihin, conçu pour prendre des régimes élevés (70 ch à 8 000 tr/min) avec un caractère très inspiré de la moto, jusque dans le vilebrequin sur roulements à rouleaux.

Pourquoi la France a-t-elle autant compté dans la carrière de la Honda S800 ?

Parce que le rapport prix/prestations était particulièrement attractif en France à la fin des années 60, et que le marché local était réceptif aux petites sportives. Sur une production de 11 406 exemplaires, près d’un quart aurait été écoulé en France, ce qui explique une présence relativement plus visible qu’ailleurs.

Quelle différence notable apporte la version souvent appelée Honda S800 M ?

Elle correspond à une évolution liée aux contraintes d’homologation, avec des éléments de signalisation modifiés (répétiteurs latéraux notamment) et un circuit de freinage doublé ; on rencontre aussi des disques fournis par Girling sur ces variantes.

Quel budget prévoir pour une Honda S800 en 2026, et quel est le risque principal ?

Un bel exemplaire se trouve souvent autour de 20 000 €, parfois davantage selon l’état et l’historique. Le risque principal n’est pas la conduite, mais l’addition qui suit un achat impulsif : pièces parfois difficiles à trouver, et besoin d’une mise au point précise (carburateurs, allumage, freinage) pour retrouver le caractère d’origine.